Raging Bull - Ali
     
 
L’art au coeur du noble art
La boxe est un sport à part : il suffit pour s’en convaincre de s’arrêter sur le rapport entre l’art et le noble art. Les plus grands écrivains du XXe siècle ont écrit sur cette discipline, sur la fascination ou la répulsion qu’elle génère : Jack London, Ernest Hemingway, Joyce Carol Oates sont parmi les plus célèbres, mais des dizaines d’autres ont traité le sujet avec plus ou moins de bonheur.
Les plus illustres cinéastes ont tenté de saisir la puissance destructrice d’un affrontement entre deux boxeurs, de Martin Scorsese (Raging Bull) à Michael Mann (Ali), de Sylvester Stalone (Rocky) à Clint Eastwood (Million Dollar Baby).
La problématique pourrait se poser de manière inversée : existe-t-il des ouvrages ou des films de référence, ayant une trame romanesque, traitant du football ou du tennis, du basket ou du rugby ? La réponse est non. Comme si la boxe avec sa magie et sa férocité demeurait au fil du temps, d’une manière inéluctable, la seule à pousser des artistes à tenter de cerner l’incernable, de saisir l’insaisissable.
Ce sont tous ces éléments de réflexion qui ont fait naître le concept de l’Urban Boxing United en proposant aux amateurs de boxe de profiter de l’organisation d’une grande réunion pour découvrir des œuvres d’art.
Aussi, après avoir accueilli les travaux de Jérôme Lagarrigue en 2010, les organisateurs ont décidé de montrer en 2011 une exposition inédite, intitulée Le Combat du Siècle, où cette fois peinture et photographie seront invitées à monter sur le même ring …
 
     
Rocky III - Million Dollar Baby
     
 
Boxe Thaï - Nathalie LETULLE Le Combat du Siècle
"Photo versus Peinture"
27 avril au 4 mai 2011
Palais de la Bourse
Tyson - Richard AUJARD
L’intitulé de cette exposition 2011, c’est d’abord la référence à une expression passée dans le langage commun des amateurs de boxe. Le combat du siècle, c’est une façon de magnifier, d’enjoliver la réalité d’un match de boxe qui, parfois, ne mérite pas forcément de tels éloges. Les historiens de ce sport ne dénombrent qu’une dizaine d’oppositions méritant cette appellation, parmi lesquelles, bien sûr, figure le légendaire Ali-Foreman, de 1974, à Kinshasa, au Zaïre. C’est d’ailleurs ce combat qui donna lieu au formidable ouvrage de Norman Mailer, « Le combat du siècle » dans lequel le romancier américain, relatait l’histoire de ce match qui dépassa très largement le cadre de la boxe et même du sport.

L’Urban Boxing United s’empare donc de ce titre pour le transposer dans une réalité artistique en proposant une exposition exceptionnelle où, cette fois, ce ne sont plus des boxeurs qui s’affrontent mais, d’une manière symbolique et parallèle, deux artistes : une artiste peintre, Nathalie Letulle, et un photographe, Richard Aujard. En effet, leurs œuvres seront exposées en même temps, sur le même site, dans un face à face silencieux, qui en dira long sur la puissance des rapports entre l’art et la boxe d’une part, et entre la peinture et la photographie d’autre part. Une façon aussi de ressentir à partir du même sujet, en l’occurrence la boxe, des émotions différentes, véhiculées par deux formes d’expression artistiques que tout opposait à la fin du XIXe, dans une lutte sans merci que l’on pourrait aussi considérer comme le premier combat du siècle…

Cette exposition sera visible à compter du 27 avril et jusqu’au 4 mai, dans le grand hall de chambre de commerce et d’industrie de Marseille Provence, sur la Canebière, à deux pas du Vieux Port.
Elle sera complétée par un second travail commandé à Richard Aujard sur le thème suivant : « Un boxeur n’est jamais seul », et qui sera entièrement consacrée à des familles de boxeurs marseillais.

« Un boxeur n’est jamais seul »
Parallèlement à l’exposition d’une série de clichés mythiques pris aux Etats-Unis dans les années 90, qui seront donc exposés dans le Grand Hall de la Chambre de Commerce, Richard Aujard complètera son travail par des photos qu’il viendra spécialement réaliser à Marseille, début 2011, au cours d’une séance exceptionnelle qui durera 48 heures. Une dizaine de boxeurs de notre région seront ainsi invités à passer sous l’objectif accompagné d’un de leurs proches, sous la forme d’un duo, pouvant mettre en scène une mère et son fils boxeur, un père et sa fille, deux frères... Ces photos seront ensuite exposées aux côtés de la série américaine prise à La Vegas, dans le grand hall de la chambre de commerce et d’industrie de Marseille. Cet hommage d’un grand photographe aux gens qui font la boxe à Marseille sera l’un aspect les plus émouvants de cette double exposition. La star ne sera plus alors le photographe mais bien les sujets de ses travaux, à savoir les boxeurs marseillais.
Nathalie Letulle. Nathalie LETULLE
Architecte de formation, elle vit au Havre, la ville de Jérôme Lebanner, où elle se consacre à son art. Dans ses travaux, le traitement du regard n’est jamais anodin, rageur, tendu, énigmatique, mais toujours emprunt d’énergie convulsive. Sa peinture est forte et engagée, dérangeante parfois. Il n’y a pas de complaisance. Juste l’inquiétude avant la tempête et la collision. La boxe ne la passionne pas, ce sont plutôt la force et la détresse que dégagent les boxeurs qui l’attirent. Ses œuvres ont la particularité de passer indifféremment de la boxe anglaise à la boxe pieds-poings. Les toiles de Nathalie hurlent et se débattent. Il est question de chair et de sang. Ses corps de boxeurs transpirent le rouge. Leurs pommettes, leurs arcades, leur musculature sont imprégnés par cette teinte, qui est celle de la férocité et de la perte de lucidité. Ne plus y voir clair, c'est aussi voir rouge, ce rouge est un rouge "sale", un rouge qui a bourlingué dans la charpente de ses victimes avant de remonter à la surface des corps, c'est le rouge noir du sang qui coule dans leurs veines grisâtres. « Mes toiles, explique l’artiste, sont des ellipses par rapport à la réalité de la vie. Il n’y a cependant aucune violence dans mes propos, mais plutôt une forme d’humour et d’humanisme, et surtout un goût de l’excès et de la démesure… »
Richard Aujard. Richard AUJARD
Richard Aujard a 19 ans quand il est devient assistant pour le studio Vogue. Il commence alors à réaliser des photos de mode pour de grands magazines. Il décide ensuite de se tourner vers de nouveaux horizons en photographiant des monstres sacrés du cinéma, de la musique et du sport. Il publie plusieurs ouvrages : « La légende Harley Davidson » Filipacchi 1989 «Lézard » 1996 «Boxing» Assouline 1997 «L'armée française» Assouline 1998 « Béatrice Dalle face à l'objectif de Richard Aujard » Le collectionneur 2006 «Champions » Marval 2006. La boxe, elle fait partie de sa vie, de son parcours. Il l’a apprivoisée au fil de rencontres, avec les frères Tiozzo, dont il est l’intime, de Jake La Motta ou de Marvin Hagler. Les photos de Richard Aujard nous disent d’abord combien leur auteur aime ce sport. Une photo de Ritchie, c’est l’assurance de ne plus jamais regarder Mike Tyson de la même façon, c’est comprendre tous les rêves qui remplissent les yeux d’un jeune boxeur débutant dans une salle de La Vegas. Richard Aujard est un photographe rock’n’roll. Capable de shooter Cantona, Tyson, NTM ou Béatrice Dalle, de réaliser des Unes de magazine prestigieux tout en acceptant de s’associer à l’Urban Boxing United, simplement parce que la démarche le touche et l’intéresse. Richard est un passeur, un dealer d’émotions fortes, un livreur de coups de cœur.